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Des organisations de droits humains portent plainte contre deux ministres haïtiens pour corruption

PORT-AU-PRINCE.—Jean Michel Moïse et Georges Wilbert Franck, respectivement ministres de la Défense ainsi que celui des Affaires sociales et du Travail, sont dans le collimateur de plusieurs organisations haïtiennes de défense des droits humains. Elles ont déposé une plainte formelle contre ces ministres pour des soupçons graves de corruption.

Dans une lettre adressée au commissaire du gouvernement, les plaignants réclament également des mesures conservatoires contre deux autres individus, Emmanuel Paul, ex-directeur de cabinet, et Norbert Chery, ancien administrateur.

«Haïti fait face à une corruption endémique qui affaiblit l’État de droit, freine le développement socio-économique et mine la confiance des citoyens dans les institutions», ont souligné les signataires, regroupés au sein de structures comme DVH, AUMOHD, ORDEDH, LHDDH, CEPRODHULF, PNPDH, OHDLP et d’autres encore. Ils affirment que des faits graves ont été portés à leur attention et documentés.

Selon la plainte, des proches du ministre Jean Michel Moïse auraient reçu de fortes sommes d’argent sur leurs cartes de débit, en échange de commissions reversées au ministre. En ce qui concerne l’achat de véhicules pour le ministère, «seulement 10 sur les 25 commandés ont été livrés», les autres étant vraisemblablement au cœur d’un mécanisme de détournement.

Georges Wilbert Franck est, quant à lui, accusé d’avoir octroyé des subventions douteuses et utilisé de manière opaque le service MonCash destiné aux personnes déplacées. Une sommation lui avait été adressée le 21 mai 2025.

Les plaignants pointent aussi le départ précipité d’Emmanuel Paul, qui aurait démissionné pour se soustraire à ses responsabilités, et de Norbert Chery, qui aurait quitté le territoire.

Dans leur requête au Parquet, les organisations demandent «qu’une enquête judiciaire approfondie soit engagée sans délai» et qu’elles soient reconnues comme parties civiles. Elles réclament également des mesures urgentes telles que «l’interdiction de départ, le gel des avoirs, ou toute autre mesure jugée nécessaire», concluant qu’en prenant ces dispositions, le commissaire du gouvernement contribuera à restaurer l’autorité de l’État de droit et à combattre l’impunité, fléau qui mine la société haïtienne.

Jean Mapou

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