TABARRE, Haïti.— Face à une situation sécuritaire toujours de plus en plus instable dans la capitale haïtienne, l’ambassade des États-Unis a annoncé l’arrivée d’un nouveau contingent de Marines chargé de renforcer la protection de la mission diplomatique. Selon la représentation américaine, ce déploiement a été effectué en coordination directe avec le gouvernement haïtien à la suite d’une demande formelle liée à la détérioration du climat sécuritaire.
En effet, dans une note officielle publiée lundi, l’ambassade explique que ces renforts ont pour objectif de garantir la continuité des opérations essentielles au sein du complexe diplomatique et de maintenir le soutien habituel fourni à la Police nationale d’Haïti (PNH) ainsi qu’à la Force de lutte contre le crime organisé (FLCO). Les États-Unis réaffirment, à travers cette initiative, leur volonté de rester un partenaire actif dans les efforts visant à stabiliser la capitale et à appuyer les forces de sécurité locales dans leur lutte contre les groupes armés.
L’ambassade précise par ailleurs qu’elle demeurera ouverte pour les opérations d’urgence le 19 novembre, malgré le contexte opérationnel difficile.
Un renforcement de sécurité suite à une attaque armée
Cette décision intervient quatre jours après une attaque visant directement la mission diplomatique, le 13 novembre. Des individus lourdement armés, présentés comme proches de la coalition Viv Ansanm, avaient alors ouvert le feu en direction du bâtiment. Les Marines chargés de la protection avaient riposté, provoquant des échanges nourris de tirs qui ont une nouvelle fois mis en lumière la gravité de la situation sécuritaire dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Cet épisode s’ajoute à une série d’incidents qui témoignent de la montée en puissance des groupes armés, dont l’emprise sur plusieurs quartiers de la capitale continue de s’étendre.
Une situation de tension généralisée
La recrudescence des violences a également conduit la coalition viv ansanm à imposer une journée de grève, massivement suivie dans la région métropolitaine. Sous la menace de représailles les portes de nombreuses entreprises, écoles et institutions sont fermées, paralysant une grande partie des activités quotidiennes de la capitale.
Ce climat délétère intervient alors que les forces locales de l’ordre avaient déployé leurs artilleries lourdes de concert avec la MSS pour traquer un redouté chef de gang dans la plaine du Cul-de-Sac. Toutefois, l’insécurité persistante, les affrontements récurrents entre gangs et forces de l’ordre, ainsi que l’incertitude institutionnelle assombrissent la perspective d’un retour rapide à la stabilité tant nécessaire à la tenue d’élections en vue du renouvellement du personnel politique pour placer le pays sur la voie constitutionnelle.
Jean Mapou


