L’organisation de défense des droits humains Debout Contre la Corruption (DCC) a adressé le 9 février 2026 une requête au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, sollicitant l’annulation du décret du 1er décembre 2025 portant organisation et fonctionnement de la Haute Cour de Justice. Selon DCC, ce décret compromet l’indépendance de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et menace l’efficacité de la lutte contre la corruption en Haïti.
Dans sa lettre adressée à la Primature, DCC souligne que le décret du 1er décembre 2025 introduit des modifications « brutales, arbitraires, contraires à l’éthique, illégales et anticonstitutionnelles » au cadre légal régissant la lutte contre la corruption. L’organisation insiste notamment sur le « sur-contrôle » des rapports de l’ULCC, alors que cette institution repose sur son indépendance et son impartialité pour assurer son efficacité.
DCC se félicite toutefois de l’engagement exprimé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lors de son adresse à la Nation le 7 février 2026, où il a déclaré que le système de corruption en Haïti « est arrivé à bout ». Pour l’organisation, la révocation du décret constituerait un signal fort adressé non seulement au cabinet ministériel, mais aussi à l’ensemble de la population, montrant la volonté du gouvernement de renforcer la justice et l’intégrité des institutions.
Le courrier, signé par Verly Sylvestre, coordonnateur général, et Me Jean Barnave Chéron, coordonnateur général adjoint de DCC, demande au Conseil des ministres d’examiner la requête « avec célérité » afin de démontrer l’engagement patriotique et l’indépendance du gouvernement dans la lutte contre la corruption.
DCC rappelle enfin que le respect de l’indépendance de l’ULCC est crucial pour garantir la crédibilité des institutions et le retour à une gestion transparente de la chose publique en Haïti.
La rédaction


