Par Jean Wesley Pierre
Lors de la conférence de presse de vendredi 13 février 2026, l’Alliance Nationale de Rupture et Alliés a adressé un message direct au Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, exposant sa position sur la transition politique en cours et sa lecture de la situation institutionnelle du pays.
Junior Moschito Rémy, secrétaire exécutif de l’ANR,
a d’abord rappelé la ligne politique du regroupement en déclarant :
« Nous n’avons pas signé l’accord du 3 avril ; toutes les organisations et tous les partis politiques qui ne l’ont pas signé se retrouvent au sein de l’Alliance. »
Il a également lancé un avertissement politique :
« Monsieur le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ce qui s’est passé la veille ne se reproduira pas le jour des funérailles »,
avant d’appeler à « une transition d’un an afin que, le 7 février 2027, le pays remette le pouvoir à une personne choisie par le peuple ».
Une autre intervenante a insisté sur la responsabilité du chef du gouvernement dans la recherche de la stabilité :
« C’est la responsabilité du Premier ministre de remettre le pays sur la voie de la stabilité », ajoutant que « il n’y a pas de libération sans consensus ». Cette déclaration met en avant l’idée qu’une sortie durable de crise suppose un accord politique large et inclusif.
Les représentants de l’Alliance ont également souligné l’absence prolongée d’élus en Haïti :
« Cinq ans de gouvernance, cinq ans sans aucun élu, sans véritable représentant du peuple haïtien », en référence à la période ouverte depuis l’assassinat de l’ancien président en 2021 jusqu’à aujourd’hui.
Ces déclarations traduisent une contestation persistante des mécanismes politiques actuels et un plaidoyer pour une transition clairement limitée dans le temps débouchant sur des élections. L’insistance sur le consensus révèle aussi une critique implicite des processus politiques jugés insuffisamment représentatifs.
L’Alliance semble vouloir recentrer le débat national sur la légitimité démocratique, considérée comme une condition essentielle à la stabilisation du pays. Cette position met en lumière la profondeur de la crise institutionnelle haïtienne et les divergences persistantes entre acteurs politiques quant aux voies de sortie de l’impasse actuelle.
Jean Wesley Pierre / Le Relief

