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Corail, fleur de vent et de pierre

Par Marc Jéris Louis-Jean

Õ Corail,
Échiquier de nos armes ventilées,
Aux regards du temps parfumant les rosiers de pourpre,
Aux reflets des airs verdoyants,
Contempteur des sirènes en cascade
Qui parapheraient le carillon de tes fleurs flamboyantes.
Ville de mille périls, empêtrée dans le vent,
Ville de papillons bleutés survolant
Le toit des rues parallèles.

Tu partirais sous la flamme angélique
De tes échos enfouis dans le vent,
Rehaussant la pitié, le charme envoûté
De ta noblesse d’été,
Même immolée dans les nuées de tes pas suspendus.
Fleur aimantée par la virginité du vent,
Loin de ta cathédrale sacrée et près des âmes libératrices,
Dans le verset de ta destinée,
Je te conjugue,
O Corail, ville de pierres mêlées.

Tes fleurs flamboyantes inspiraient le feu
Et capturaient tes mots dans une mer de songes,
Agitée par les signaux du matin figé,
Au trépas d’une journée meurtrie
Enclenchée aux sillons du lendemain,
Par la nudité des fleurs.

De ton passé lointain, soupiré en cascades,
Comme une ville de parapluies reléguée aux oubliettes
Des saisons enrouées.
Tu t’enfermes dans ton ciel, éclats de tes vers,
Poèmes-chansons carillonnés autrefois,
Sur l’arc-en-ciel ruban de tes neveux,
Arrivant jusqu’au sillage des contours.

O Corail, boucans de Noël entrelacés des icaques,
Jusqu’au tréfonds des sous-combes et sur le flanc
De tes chutes moissonneuses,
Fulminant aux abords contournés des lauriers,
Symboles vitalisés des rosées,
Comme du cramoisi s’envolant sous le confort destiné de ta face.

Le carillon de tes pas s’était ancré dans le caraco du temps
Par le souffle d’une heure pierreuse.
Quant au petit matin, qui n’est plus l’heure,
À l’orée d’un temps meurtri,
Je te fulmine,
Je te conjugue,
O Corail.
Tu es le sourire agité des rosiers en sommeil,
L’éclat manifeste de nos baisers mouillés,
Paraphés à l’horizon.

À l’ère pensive de ta joue angélique,
Survoltée par les vagues horizontales de la mer croisée,
Le rythme cadencé de ton souffle meublé ;
Voluptés,
Sublimes.

Les revers de tes bords répétés
Ont suspendu jusqu’au soleil de ma nuit,
Rejaillissait ainsi la saison des rêves croisés,
Des traversées de mains folles,
Ventilées au beau milieu du jour.
Corail,
Je suis aux quatre coins de ta porte d’entrée,
Proclamant ma poésie.

Je revenais de Guinée, passant par les entrailles,
Ma voix pleine d’échos et de chansons pour l’aurore,
Des cantiques consommés à la hâte aux frontières ultimes,
Des airs cadencés.

Comme les sueurs de la mer pensive,
Mer baignée par les rêves pendus au corset de tes seins,
Et les douces vagues de ta jeunesse colorant les pages
De la rosée entraînante du matin.

Corail de mes parades,
Corail de mes pique-niques,
Corail de mes promenades accélérées
Dans le réchauffement des saisons de pierres :
Pierres à trancher, pierres à colmater.

À Diquillon, les voiles coraillaises flottaient sur le pavé de ma nuit
Et conduisaient leurs refrains à mes pique-niques d’été,
Randonnées mouillées par les sourires de fleurs flamboyantes
Délaissées au trésor des idées éclairées au soleil.

À mon retour des îles, mon tour vespéral à bord,
Où ma traversée rompue dans la grève des radas…
Je me rendrais là-bas.

J’irai par quatre saisons des temps,
J’irai par la voix glauque d’un matin calciné,
J’irai sous les bords de tes seins mélodieux,
Sans tambour ni trompette,
Sous les flammes de ton corps de femme,
Sur le ton des papiers rompus dans la saison des mots.

Au premier clairon du matin,
Le vrai chant du coq enclenché non loin des rez-de-chaussée de ta face,
Et aux douze coups de minuit enfilés,
Mes vœux cloîtrés sur ton ventre d’ananas s’agiteront.

Nous dirigerions nos pas hors des gouffres saisonniers,
En portions de voix circulant aux contours du chemin,
À l’embouchure de la mer rêveuse,
Au beau milieu de la nuit ensoleillée par l’air desséché,
Triomphant dans la faussée de ta robe maculée,
Ballottée sur le flanc des moulinets de nos camps adorés,
Déchirés par les souffles macabres du soir.

Corail, nos joies s’étendraient jusqu’à la frontière du midi régulier,
Corail, ville porteuse de clefs,
Ville de pierres bâtisseuses.
Tu t’engrangerais,
Tu danserais la musique circulante des yeux et des tympans,
Sur le plateau lumineux des airs en ballottement
Dans la balance des lieux.

Marc Jéris Louis-Jean

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