Par Oscar Jean-Etienne
La Ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Sandra Paulemon, a rencontré ce mercredi l’Ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, Hélène Roos, dans le cadre du renforcement du dialogue entre le gouvernement haïtien et ses partenaires internationaux. Cette réunion s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la feuille de route du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé.
Au cœur des échanges, la ministre a rappelé les priorités stratégiques de l’exécutif : le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes. Ces deux axes sont présentés comme les fondements indispensables à la stabilité institutionnelle et à la relance du développement en Haïti. Dans cette perspective, elle a plaidé pour une meilleure adéquation entre l’aide internationale et les besoins réels du pays, insistant sur la nécessité de passer d’une logique d’assistance à une approche orientée vers des résultats concrets et durables.
La question de l’efficacité de l’aide a ainsi occupé une place centrale. La titulaire du MPCE a appelé à une mobilisation accrue des instruments financiers européens, tout en soulignant l’importance d’une coordination renforcée afin d’éviter la dispersion des efforts. L’objectif affiché est clair : maximiser l’impact des interventions au bénéfice direct des populations, dans un contexte marqué par des défis humanitaires, sécuritaires et économiques persistants.
De son côté, l’ambassadrice Hélène Roos a réaffirmé l’engagement de l’Union européenne aux côtés d’Haïti, en mettant en avant une relation qui dépasse le simple cadre de l’aide financière. Elle a insisté sur le rôle de l’UE en tant que partenaire politique, impliqué dans la recherche de solutions durables pour la stabilité du pays. Cette posture s’inscrit dans une approche globale visant à accompagner les autorités haïtiennes dans leurs efforts de gouvernance et de reconstruction.
L’ambassadrice a également évoqué l’initiative « Global Gateway », présentée comme un levier stratégique pour renforcer la coopération dans des secteurs clés tels que l’énergie, le transport et l’agro-industrie. Ce programme vise à favoriser des investissements structurants et à créer des synergies entre les priorités européennes et les besoins de développement d’Haïti.
Sur le plan financier, l’Union européenne a rappelé que son enveloppe globale de financement en faveur d’Haïti s’élève à 360 millions d’euros, dont 33 millions restent à décaisser sous forme d’appui budgétaire. Ces ressources sont destinées à soutenir plusieurs domaines prioritaires, notamment la sécurité, la reconstruction des infrastructures, l’appui au processus électoral et le renforcement des dispositifs d’aide sociale.
Au terme de la rencontre, les deux parties ont convenu de consolider un cadre de coopération fondé sur la transparence, la cohérence et l’efficacité. Cette volonté commune traduit une tentative de rééquilibrage des relations entre Haïti et ses partenaires internationaux, dans un contexte où les attentes en matière de résultats tangibles et d’impact sur le terrain se font de plus en plus pressantes.

