Par Gesly Sinvilier
Annoncé et officiellement lancé en janvier 2026 à Davos, le Conseil de la paix (Board of Peace) est une initiative internationale portée par le président américain Donald Trump, présentée comme un nouvel outil de stabilisation des zones de conflit, avec une priorité affichée : la reconstruction et la gouvernance post-conflit de Gaza. Pensé comme un cadre d’action rapide et pragmatique, ce Conseil entend proposer une alternative — ou un complément — aux mécanismes multilatéraux classiques, en particulier ceux de l’ONU, jugés trop complexes.
Selon sa charte fondatrice, le Conseil vise à promouvoir une paix durable, rétablir des structures de gouvernance fonctionnelles, sécuriser les territoires fragiles et favoriser la reconstruction économique et institutionnelle. L’accent est mis sur des solutions politiques encadrées par des acteurs étatiques, avec une forte logique de résultats, plutôt que sur les longues négociations diplomatiques traditionnelles.
La particularité du Conseil réside dans sa structure de gouvernance très centralisée. Donald Trump en est le président et conserve un rôle décisif dans l’orientation stratégique, l’interprétation de la charte et la sélection des membres. Un comité exécutif, composé de responsables politiques et de conseillers internationaux de premier plan, l’assiste dans la conduite des travaux.
L’adhésion au Conseil se fait par invitation, et non sur une base universelle. Parmi les États membres figurent notamment les États-Unis, Israël, plusieurs pays du Golfe, des États d’Europe centrale et orientale, ainsi que certains pays d’Amérique latine et du Caucase. Les États sont représentés à haut niveau et participent aux décisions, avec un système de vote où le président conserve un rôle d’arbitre. Des contributions financières importantes peuvent ouvrir droit à un statut renforcé, voire quasi permanent.
Dès son lancement, le Conseil a suscité de vives réactions. Ses partisans y voient un instrument plus souple et plus efficace pour traiter des crises bloquées depuis des années. Ses détracteurs dénoncent au contraire une initiative personnalisée, politiquement marquée, susceptible de court-circuiter les institutions multilatérales existantes et de créer un club restreint de pays alignés.
Quoi qu’il en soit, le Conseil de la paix s’impose déjà comme un nouvel acteur politique et diplomatique, révélateur d’un moment de recomposition de l’ordre international, où l’efficacité revendiquée entre en tension avec les principes traditionnels du multilatéralisme.
Gesly Sinvilier / Le Relief


