Par Jean Mapou
OUAGADOUGOU.— Une nuit de tension a régné au Burkina Faso à la suite d’une tentative de déstabilisation des institutions. Un coup d’État, visant la tête du leader burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a été déjouée dans la nuit du samedi 3 janvier 2026 grâce à l’intervention des forces de défense et de sécurité, selon plusieurs sources concordantes en provenance de la capitale.
D’après des informations relayées par des médias locaux, l’opération avortée visait directement le président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré. La réaction rapide des forces de sécurité aurait permis l’interpellation du principal suspect, présenté comme le cerveau présumé du complot, mettant un terme à l’entreprise avant son passage à l’acte.
L’analyse du téléphone du suspect arrêté aurait révélé des éléments jugés hautement compromettants par les enquêteurs. Ces découvertes auraient conduit à de nouvelles interpellations. Selon les mêmes sources, plusieurs personnes soupçonnées de complicité, dont des opérateurs économiques, auraient été arrêtées dans le cadre de l’enquête en cours.
Une planification présumée depuis l’étranger
Toujours selon ces informations, la tentative de déstabilisation aurait été planifiée depuis Lomé, au Togo, et impliquerait des personnalités connues. Le nom de Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président de la Transition burkinabè, est cité de manière récurrente. Installé au Togo depuis son éviction du pouvoir, il aurait, d’après ces sources, coordonné l’opération en lien avec des relais internes.
Le plan avorté aurait notamment inclus l’assassinat du commandant de la base de drones, une manœuvre destinée à affaiblir le dispositif sécuritaire national. Cette action devait faciliter l’infiltration de mercenaires et de groupes armés terroristes positionnés hors du territoire, avec pour objectif de viser des installations stratégiques de l’État.
Mobilisation de la jeunesse à Ouagadougou suite à cette tentative
À la suite de la diffusion de l’information, une mobilisation spontanée de la jeunesse a été observée dans la capitale. De nombreux jeunes se sont rassemblés aux abords du palais présidentiel pour exprimer leur soutien au capitaine Ibrahim Traoré et leur attachement au processus de transition. Des slogans patriotiques et des messages en faveur de la souveraineté nationale ont été scandés, dans une ambiance globalement calme mais déterminée.
Pour plusieurs observateurs, cette mobilisation traduit l’adhésion d’une partie de la population, notamment de la jeunesse, à la ligne politique du chef de l’État. Depuis son arrivée au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré bénéficie d’un soutien notable auprès de jeunes Burkinabè, sensibles à son discours souverainiste et à sa volonté affichée de rompre avec certaines pratiques du passé.
Soupçons de soutiens extérieurs dans un contexte de sécurité tendue
Certaines sources évoquent par ailleurs des soutiens extérieurs présumés, affirmant que des pays occidentaux auraient promis un appui logistique et aérien dans le but de favoriser un renversement du régime. Ces allégations n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation officielle.
Soulignons que cette tentative avortée intervient dans un contexte national et régional marqué par une forte instabilité. Le Burkina Faso demeure confronté à des défis sécuritaires majeurs liés à la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’à des tensions politiques persistantes depuis le début de la transition. L’épisode relance le débat sur la solidité des institutions et la nécessité d’un large consensus national pour garantir la stabilité du pays.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été publiée par les autorités burkinabè. Les médias locaux indiquent suivre de près l’évolution de la situation et s’engagent à informer le public au fur et à mesure de la disponibilité d’éléments confirmés.
Jean Mapou / Le Relief


