À travers une lettre adressée au directeur général de la Police nationale, Vladimir Paraison, le 20 novembre 2025, le Collectif des Professionnels de la Presse (CPP) a dénoncé les actes de violence commis par des agents de police contre des journalistes. L’organisation estime que ces incidents récurrents portent gravement atteinte à la liberté de la presse et restent, dans la plupart des cas, sans suites judiciaires.
Le collectif relève plusieurs cas survenus ces dernières années, qu’il considère comme révélateurs de dysfonctionnements persistants dans les interactions entre certains policiers et les professionnels des médias.
Parmi ces cas figurent la mort du journaliste Lazarre Maxiben, tué le 23 février 2022 lors d’une intervention policière en marge d’une manifestation d’ouvriers ; la blessure grave de Jean Marc Jean, touché à l’œil par une bonbonne de gaz lacrymogène tirée depuis un véhicule identifié comme appartenant à l’UDMO Ouest, le 8 février 2024 ; les menaces rapportées par Love-Mackendy Paul, reporter à Radio Tropikal, qui affirme avoir été intimidé par des agents du BLTS la même année ; l’agression du journaliste Jerry Larson Xavier, de Vant Bèf Info, qui aurait été victime d’un agent de la BIM à Tabarre le 6 mars 2025, lequel l’aurait également privé de son matériel de travail. L’incident le plus récent concerne Wikenson Isma, reporter pour Tripotay Haïti 509, qui affirme avoir été malmené le 17 novembre 2025 par des agents d’EDUPOL à Delmas 75 alors qu’il réalisait des images, malgré son identification comme journaliste.
Face à la répétition de ces situations, le CPP demande à la Direction générale de la PNH d’assurer un suivi rigoureux des dossiers d’agressions signalées, d’appliquer des sanctions disciplinaires le cas échéant et de prévoir des réparations matérielles, morales ou symboliques pour les victimes.
En conclusion, le collectif réaffirme sa disponibilité à collaborer avec la PNH afin d’améliorer la sécurité des professionnels de l’information et de garantir un traitement plus rigoureux des plaintes, dans l’objectif de restaurer un climat de confiance propice à l’exercice de la liberté de la presse.
Gedeon Delva


