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Accusation de racisme contre Vinicius Jr : un test pour l’UEFA

Par Jean Wesley Pierre

Le match de Ligue des champions entre le Real Madrid et le Benfica de Lisbonne de ce mardi 17 février 2026 a fait basculer l’attention du jeu vers un enjeu plus grave : une accusation de propos racistes visant la star brésilienne du Real Madrid, Vinicius Jr, après un échange tendu avec l’argentin, joueur du Benfica de Lisbonne, Gianluca Prestianni.

Au-delà de la polémique immédiate, l’affaire peut être lue à trois niveaux : factuel, institutionnel et symbolique.

La grande guerre entre 2 versions différentes

Deux versions s’opposent. Du côté des Madrilènes, ils affirment avoir entendus le mot « singe » répété à plusieurs reprises. Cette déclaration est centrale, car elle introduit l’existence d’un témoin direct et identifiable.

De son côté, le joueur du Benfica de Lisbonne, Prestianni nie catégoriquement et soutient avoir prononcé « hermano », non « mono ».

L’argument repose sur la confusion phonétique et sur l’intensité émotionnelle du moment.

À ce stade, l’enjeu est probatoire : images, rapports arbitrales, captations audio éventuelles. Sans preuve matérielle claire, l’affaire reste suspendue à l’évaluation de la crédibilité des protagonistes.

L’activation du protocole antiracisme

L’arbitre a activé le protocole antiracisme. Ce geste est essentiel : il signifie que l’accusation a été jugée suffisamment sérieuse pour enclencher une procédure officielle.

Désormais, la responsabilité revient à l’UEFA de prendre une décision en faveur du football, en faveur de la justice. L’ UEFA ( Union des Associations Européennes de Football ) est confrontée à un dilemme classique : agir vite pour affirmer une tolérance zéro contre le racisme, ou agir prudemment pour éviter une sanction sans fondement solide, sans preuves réelles.

La crédibilité du dispositif antiraciste européen dépend précisément de cet équilibre. Trop de lenteur alimente le sentiment d’impunité ; trop de précipitation fragilise la justice procédurale.

L’histoire derrière l’incident

L’affaire ne surgit pas dans un vide. Vinicius a déjà été la cible d’incidents racistes en Espagne. Lorsqu’il déclare que « rien de ce qui s’est passé n’est nouveau », il situe l’événement dans une continuité structurelle.

Ce contexte modifie la perception publique. L’accusation ne concerne plus uniquement un duel Benfica–Real Madrid ; elle s’inscrit dans un débat plus large sur le racisme persistant dans le football européen.

La question devient alors double :

  1. S’agit-il d’un malentendu linguistique dans la tension d’un match ?
  2. Ou d’un nouvel épisode révélateur d’un problème systémique ?

Une affaire révélatrice

Que les propos soient confirmés ou non, l’épisode révèle une réalité : la lutte contre le racisme dans le football n’est plus seulement une affaire de slogans ou de campagnes institutionnelles. Elle repose désormais sur la cohérence entre parole, procédure et sanction.

L’issue disciplinaire comptera. Mais plus encore comptera la perception collective : celle d’un système capable de protéger sans condamner hâtivement, et d’enquêter sans minimiser.

Dans ce type d’affaire, la vérité juridique ne suffit pas toujours à apaiser la vérité sociale. C’est là que se joue, aujourd’hui, la crédibilité morale du football européen.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

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