Par Jean Mapou
PORT-AU-PRINCE.— L’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Rameau Normil, est attendu le mardi 3 février 2026 au cabinet d’instruction criminelle pour être entendu dans le cadre d’une enquête explosive sur la disparition d’armes et le détournement de munitions issues des stocks de la police.
Selon des sources concordantes, l’ex-haut responsable devra répondre à de lourdes accusations, dont association de malfaiteurs et trafic illégal de cartouches qui auraient été écoulées au profit de gangs armés, responsables d’une spirale de violences à travers le pays.
L’enquête porte notamment sur la disparition de 317 fusils appartenant à l’arsenal officiel de la PNH, ainsi que sur la vente présumée de plusieurs milliers de munitions. La justice cherche à établir les responsabilités au sommet de la hiérarchie policière et à identifier d’éventuelles complicités internes.
Dans ce même dossier, Philippe Jovin, ex-directeur central administratif de la PNH, est également convoqué le lundi 2 février 2026. Plusieurs cadres de l’institution, dont l’actuel chef du service des armements, ont déjà été auditionnés, signe que l’enquête s’étend à l’ensemble de la chaîne logistique.
Ce dossier, à fort retentissement politique et institutionnel, ravive les soupçons de collusion entre sphères sécuritaires et groupes armés, dans un contexte où la population réclame des comptes face à une insécurité devenue chronique en Haïti.
Jean Mapou / Le Relief


