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«L’État ne cedera aucun terrain», l’appel du DG de la PNH aux gangs à déposer les armes

Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Dans un contexte sécuritaire de plus en plus chaotique, marqué par une recrudescence des violences armées, le Directeur général a.i. de la Police Nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, a adressé un message à la fois ferme et ouvert aux groupes armés: l’État haïtien ne cédera aucun terrain, mais les autorités sont disposées à accueillir ceux qui choisissent de déposer les armes.

Vladimir Paraison a réaffirmé la détermination de la PNH à reprendre le contrôle des zones sous influence des gangs criminels. Si la situation reste complexe en raison de la grande mobilité des groupes armés, qui changent fréquemment de position pour échapper aux forces de l’ordre, le haut responsable de la police a assuré que des opérations étaient menées sans relâche. Ces actions visent à affaiblir les gangs jusque dans leurs bastions, bien que la difficulté d’une communication fluide avec les populations locales limite parfois l’efficacité des interventions.

«Si nous ne sommes pas encore arrivés à un point précis, c’est parce que certaines contraintes ne sont pas entièrement levées», a admis Paraison, soulignant les défis logistiques et opérationnels auxquels l’institution fait face. Toutefois, il a assuré que la PNH est présente sur tout le territoire national, où les conditions le permettent, et qu’elle continue de faire preuve de présence et d’autorité.

Un appel à la reddition volontaire

Dans un appel aux membres des gangs, le Directeur général a.i. a invité les criminels à renoncer à la violence en se rendant volontairement aux autorités. Selon lui, des mécanismes légaux sont en place pour accueillir ceux qui choisissent la voie de la rédemption. «Il existe des numéros et des points de contact pour se rendre», a précisé Paraison, en ajoutant que les individus optant pour la reddition ne seraient pas traités de manière arbitraire. Toutefois, la reddition ne signifie pas une amnistie automatique: les personnes concernées devront répondre de leurs actes devant la justice haïtienne.

Le responsable a par ailleurs insisté sur le fait que l’abandon des armes devait s’inscrire dans un cadre légal et respectueux des droits humains. En particulier, il a pris soin de préciser que l’État de droit serait respecté dans le traitement des individus qui choisiraient de se rendre.

Un message particulier aux jeunes enrôlés dans les gangs

S’adressant directement aux jeunes membres des groupes armés, Paraison a exprimé sa gravité et son inquiétude. « Ce n’est pas l’avenir que vous vouliez », a-t-il déclaré, soulignant que la vie au sein des gangs ne correspondait ni aux aspirations profondes ni aux perspectives d’avenir de ces jeunes. Le Directeur général a fait écho aux efforts de la PNH pour offrir un accompagnement à ceux qui choisissent de rompre avec la violence, leur offrant une chance de réintégrer la société dans des conditions dignes et légales.

Pour faciliter la reddition des membres des gangs, la PNH a mis en place plusieurs canaux de contact. Les individus souhaitant se rendre peuvent le faire en se présentant directement à une unité policière, en passant par des stations de radio, des autorités locales comme les CASEC, ou même par l’entremise de proches de confiance. Une fois le signal donné, les forces de l’ordre s’engagent à intervenir dans un délai inférieur à 24 heures.

Un appel à la conscience des groupes armés

Paraison n’a pas manqué de lancer un appel à la conscience des groupes armés, les invitant à réfléchir aux conséquences humaines de leurs actions. «Trop de vies ont été perdues à cause de cette violence», a-t-il déploré, tout en exprimant sa profonde préoccupation face à la souffrance de la population civile, qui continue de payer le prix fort des affrontements.

Malgré les défis structurels et opérationnels auxquels elle doit faire face, la PNH demeure convaincue de sa capacité à contribuer au rétablissement durable de la paix en Haïti. «La sécurité est une condition essentielle pour le retour à une vie sociale et économique plus stable», a conclu le Directeur général a.i., réaffirmant que l’institution déploiera tous les moyens légaux à sa disposition pour restaurer la sécurité et garantir un avenir plus serein pour la population haïtienne.

Jean Mapou Le Relief

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