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Une mobilisation pour le document d’identité en pleine crise politique

Par Jean Wesley Pierre

Le Collectif Défenseurs Plus a organisé ce jeudi 22 janvier 2026 une opération de mobilisation et d’identification pour faciliter aux gens l’obtention des cartes électorales pour les personnes vivant dans des camps de déplacés.

Cette initiative répond à une crise silencieuse et profonde : l’absence de pièce d’identité pour des milliers d’haïtiens, une situation qui les exclut de la vie civile et les rend extrêmement vulnérables dans un contexte d’insécurité généralisée.

Selon Tintin Ulrick, responsable juridique du Collectif Défenseurs Plus, les conséquences de cette absence d’identité sont graves et multiples.

  1. Obstacle à la circulation : Les personnes sans document ne peuvent pas circuler librement à travers le pays.
  2. Exclusion économique : Elles sont dans l’impossibilité d’ouvrir un compte bancaire ou de recevoir des transferts d’argent, pourtant vitaux pour de nombreuses familles pour lutter contre la faim.
  3. Exclusion civique : L’exercice des droits civils et politiques, comme le droit de vote, leur est inaccessible.

Cette exclusion rend ces citoyens invisibles et les expose davantage aux abus dans un contexte sécuritaire déjà très dégradé. Le phénomène du « Bwa Kale », mouvement d’autodéfense souvent violent, accentue encore cette vulnérabilité.

Face à cette situation, l’action du Collectif Défenseurs Plus consiste en une opération concrète pour aider les déplacés à retrouver un document essentiel pour leur existence civile. Par cette mobilisation, le Collectif, une organisation à but non lucratif dédiée à la promotion et à la défense effective des droits de la personne en Haïti, cherche à pallier une défaillance de l’administration étatique.

Dans le passé, le Collectif avait déjà sonné l’alarme et appelé les autorités, en particulier l’Office National d’Identification, à mettre en œuvre un plan national d’urgence. Ses principales recommandations étaient :

  • Délivrer ou renouveler gratuitement les cartes perdues ou détruites.
  • Déployer des unités mobiles d’enregistrement dans les zones touchées par la violence et dans les camps de déplacés.
  • Garantir que personne n’est laissé de côté dans l’exercice de ce droit fondamental à l’identité.

L’opération du 22 janvier s’inscrit dans cette logique d’action directe pour répondre à une urgence humanitaire et démocratique, alors que l’accès aux services publics essentiels reste conditionné à la possession d’un document d’identité valide.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

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