Par Jean Wesley Pierre
Le Fonds national de l’éducation (FNE) a engagé une réforme structurelle majeure destinée à restaurer la confiance du public et à renforcer durablement le financement du système éducatif haïtien. Cette orientation a été présentée par le Directeur général du FNE, Élysée Collagne, lors de la 33e édition des Mardis de la Nation, tenue le mardi 20 janvier 2026 à Port-au-Prince.
Selon le responsable, cette réforme s’inscrit dans la droite ligne de la politique éducative du Gouvernement et vise à transformer le FNE en une institution plus efficace, transparente et financièrement viable, capable de répondre aux défis structurels du secteur de l’éducation. Elle repose sur des principes de rigueur administrative, de bonne gouvernance et de redevabilité.
Dès son entrée en fonction, Élysée Collagne a procédé à un diagnostic approfondi de l’institution, mettant en lumière d’importantes faiblesses sur les plans administratif et organisationnel. Pour y remédier, la Direction générale a priorisé l’élaboration de manuels de procédures financières et comptables, considérés comme des outils essentiels pour renforcer le contrôle interne.
Parallèlement, un avant-projet d’arrêté précisant les modalités d’application de la loi de 2017 portant création du FNE, ainsi qu’un projet de règlement intérieur, ont été soumis au Conseil d’administration pour validation.
L’une des réformes phares concerne la décentralisation du processus d’octroi des subventions. Cette responsabilité, auparavant concentrée au niveau de la Direction générale, a été confiée à des structures internes habilitées, dans une logique de collégialité et de transparence. Dans ce cadre, la distribution des chèques a été temporairement suspendue afin de revoir les mécanismes d’attribution et de prévenir les dérives.
Désormais, les chèques destinés au paiement des frais scolaires seront exclusivement libellés au nom des établissements scolaires, une mesure visant à assurer la traçabilité et la bonne utilisation des fonds publics. Une commission de suivi a été mise en place pour veiller à l’application stricte de ce dispositif, en collaboration avec les écoles, en ciblant prioritairement les enfants issus des milieux les plus vulnérables.
Sur plus de 7 000 demandes reçues, un filtrage rigoureux a permis de détecter de nombreuses irrégularités. Toutefois, 543 chèques seront distribués dès la semaine prochaine aux bénéficiaires jugés éligibles.
Face à un afflux de demandes largement supérieur à ses capacités budgétaires, le FNE a également instauré un comité technique de validation chargé d’évaluer et de sélectionner les projets conformes aux critères établis. Ces mesures s’avéraient d’autant plus nécessaires que l’institution faisait face, en 2023, à une dette de 2 milliards de gourdes, pour un compte estimé à 2,5 milliards.
Grâce à une gestion qualifiée de rigoureuse, la trésorerie du FNE s’élève désormais à 5,9 milliards de gourdes, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour un financement plus crédible et durable de l’éducation nationale.
Jean Wesley Pierre / Le Relief


