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Éducation, crise politique et solidarité internationale : la centrale des travailleurs hausse le ton

Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 16 janvier 2026 à Port-au-Prince, la Centrale Unitaire des Travailleurs/euses des Secteurs Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH) a vivement dénoncé les dérives au sein du système éducatif haïtien, appelé à une médiation nationale avant le 7 février 2026 et réaffirmé sa solidarité avec les peuples vénézuélien et cubain.

Réunie au local du Flambeau Resto Club, à Delmas 64, la CUTRASEPH a profité de cette rencontre avec la presse pour dresser un tableau sombre de la conjoncture nationale, particulièrement dans le secteur de l’éducation. Prenant la parole, le professeur Josué Mérilien a dénoncé ce qu’il qualifie de clientélisme politique dans le processus de nomination des enseignants, qu’il attribue à la gestion du ministre de l’Éducation nationale, Antoine Augustin.

Selon lui, ces pratiques fragilisent davantage un système éducatif déjà en crise, en laissant de côté de nombreux enseignants qualifiés toujours en salle de classe, mais privés de lettres d’affectation. Face à ces irrégularités jugées graves, la CUTRASEPH exige l’ouverture rapide d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur l’ampleur des dérives constatées.

Sur le plan politique, le professeur a appelé à la conscience et à la responsabilité de tous les acteurs, plaidant pour une médiation crédible devant permettre une entente nationale avant l’échéance du 7 février 2026. Il a notamment regretté le désistement de Monseigneur Max Leroy Dumas de la médiation envisagée, estimant qu’aucune des parties opposées à cette initiative ne propose, à ce jour, une alternative plus crédible. Il appelle ainsi à un retour du prélat dans le processus.

La CUTRASEPH est également revenue sur l’activité de solidarité organisée le 15 janvier à l’ambassade de Cuba en Haïti. Josué Mérilien a rappelé la portée symbolique de cette mobilisation en soutien aux peuples vénézuélien et cubain. Il a fermement condamné ce qu’il qualifie d’ingérence américaine au Venezuela, exprimé son soutien aux deux peuples et appelé la communauté internationale à élever la voix. Il a en outre réclamé la libération sans condition du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse.

De son côté, Esther Éloy a axé son intervention sur la crise provoquée par la grève des enseignants. Elle a appelé au respect strict de l’accord du 20 janvier 2025, signé entre l’État haïtien et les enseignants, rappelant que près d’un an après, aucun des engagements pris n’a été honoré par les autorités. Face à ce qu’elle considère comme un mépris des revendications légitimes du corps enseignant, elle lance un appel clair à la mobilisation générale, tout en dénonçant le silence de certains acteurs pourtant engagés au départ dans la lutte.

À travers cette conférence de presse, la CUTRASEPH entend mobiliser l’opinion publique nationale et internationale, tout en réaffirmant sa détermination à défendre les droits des travailleurs, la dignité des enseignants et la souveraineté des peuples.

La rédaction

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