Par Jean Wesley Pierre
La Police nationale d’Haïti (PNH) affirme enregistrer des progrès significatifs dans la lutte contre l’insécurité et les gangs armés qui gangrènent le pays depuis plusieurs années lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 12 janvier 2026.
Le bilan humain
Selon le bilan communiqué par Konbit Pour la Paix et le Développement, les opérations menées au centre-ville de Port-au-Prince entre le 1er et le 11 janvier 2026 ont fait 116 morts et 65 blessés graves. Parmi les personnes tuées, 64 étaient présumées membres de groupes armés, tandis que 52 étaient des civils, dont huit adolescents ainsi que huit femmes, pris au piège des affrontements dans plusieurs quartiers ciblés.
Du côté des forces de l’ordre, la Police nationale d’Haïti (PNH) a précisé que Ernso Fleurimond, tué à La Saline, n’était pas policier, mais un sympathisant bénévole travaillant avec la police. Son frère, blessé, est employé administratif de la PNH.
Les responsables de la communication de l’institution, l’Inspecteur Général Frantz Lerebours, directeur de communication, et le Commissaire Divisionnaire, Michel Ange Louis Jeune, directeur adjoint, ont présenté les objectifs, les résultats et le bilan des récentes opérations policières.
Les objectifs des opérations
Selon l’inspecteur général Frantz Lerebours, l’action de la Police nationale d’Haïti (PNH) repose sur trois objectifs majeurs :
- créer des conditions favorables à la libre circulation des biens, des marchandises et des personnes,
- libérer les routes nationales de l’emprise des gangs armés, et
- permettre le retour sécurisé des populations déplacées dans leurs quartiers et leurs habitations.
« Ce qui est le plus important pour nous, c’est la sécurité de la population, qu’elle se sente bien et en sécurité », a souligné l’inspecteur général.
Les premiers résultats
Pour sa part, le Commissaire Divisionnaire Michel Ange Louis Jeune explique que les résultats récents de la Police nationale d’Haïti (PNH) se répartissent en trois catégories principales :
- l’arrêt de l’expansion territoriale des gangs,
- la reprise de certains territoires précédemment occupés,
- et la saisie d’armes, de munitions et de matériels sensibles.
Il a également fait remarquer que le pays a connu, pour la première fois depuis quatre à cinq ans, des fêtes de fin d’année relativement sécurisées.
Dans le cadre de la lutte contre le trafic d’armes et de munitions, plusieurs opérations ont permis d’importantes saisies. Le 5 janvier 2026 à Quartier-Morin, les agents du (BLTS) Bureau de Lutte Contre le Trafic des Stupéfiants, appuyés par les autorités douanières et locales, ont saisi 9 pistolets de calibre 9 mm, 9 chargeurs, 5 500 cartouches de calibre 7.62, et procédé à trois arrestations.
Le 30 décembre 2025 au Cap-Haïtien, la police a récupéré deux pistolets de calibre 9 mm, un fusil AK-47 et 36 caisses de cartouches, estimées à 1 800 munitions de calibre 7.62, avec l’arrestation d’un individu identifié comme Jean Marie C. Telusma.
Par ailleurs, plusieurs opérations menées notamment à Bel-Air ont permis la saisie d’un important arsenal, comprenant des fusils M16 et M14, des fusils de calibre 12, des radios de communication, des gilets pare-balles et tactiques, des uniformes de différentes unités de la Police nationale haïtienne (PNH), ainsi que des milliers de cartouches de divers calibres. Un drone et des équipements utilisés pour se faire passer pour des policiers ou des journalistes ont également été récupérés.
Les actions en parfaite coordination
La PNH indique que les opérations conjointes avec la Task Force, notamment à Bel-air, La Saline, Arcahaie (Bercy) ont permis la destruction d’un poste de péage illégal, et que plusieurs bandits ont été mortellement blessés, sans fournir de chiffres exacts, tout en réaffirmant son objectif de rétablir l’ordre public et l’autorité de l’État.
Au total, la Police nationale d’Haïti (PNH) indique avoir saisi 7 300 munitions lors des raids contre le trafic d’armes, et 4 459 cartouches, 17 fusils d’assaut et 16 armes longues au cours des opérations policières.
Selon Michel Ange Louis Jeune, les départements du Centre et de l’Artibonite commencent à retrouver le calme, tandis que Kenscoff a été stabilisé, permettant la reprise progressive des activités commerciales. Il note une diminution des incursions criminelles et une augmentation des interventions policières dans plusieurs quartiers sensibles, dont Bel-Air, le centre-ville, Delmas et Wharf Jérémie.
La Police nationale d’Haïti réaffirme sa détermination à maintenir et intensifier ses opérations, estimant que cette stratégie produit des résultats concrets et doit se poursuivre.
Jean Wesley Pierre/ Le Relief


