La bastonnade publique d’un jeune entrepreneur au Cap-Haïtien, attribuée au Commissaire du Gouvernement Me Éno Zéphirin et à des agents de la Police nationale d’Haïti, continue de susciter une vive indignation. Face à ces images devenues virales, Roberson Georges, jeune avocat au barreau de Port-au-Prince dénonce une atteinte grave aux droits humains et à l’État de droit.
Une prise de position ferme d’un jeune militant du droit
Dans une déclaration sans ambiguïté sur sa page Facebook, Roberson Georges condamne avec vigueur les violences exercées contre un citoyen qu’il qualifie de paisible.
« Nous dénonçons avec la plus grande véhémence la brutalité policière exercée contre ce paisible citoyen dans la Cité Christophienne. L’attitude du prétendu Commissaire du Gouvernement Me Éno Zéphirin nous laisse stupéfaits quant à sa manière de gérer cette situation inacceptable. Trop, c’est trop ! Il est temps que justice et dignité humaine reprennent leur place. Que l’État de droit soit une réalité en Haïti ! »
Pour le jeune avocat, fraîchement lauréat du concours d’admission au barreau de Port-au-Prince, ces actes traduisent une dérive grave de l’autorité judiciaire et constituent une violation manifeste des principes fondamentaux du droit, notamment le respect de la dignité humaine et l’interdiction des traitements dégradants.
Déroulement des faits
Les événements se sont produits le vendredi 9 janvier 2026, sur le boulevard de Carénage, au Cap-Haïtien, lors d’une opération de démolition d’entreprises jugées non conformes par les autorités départementales du Nord. Une altercation a éclaté entre le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance du Cap-Haïtien, Me Éno Zéphirin, et un jeune entrepreneur qui protestait contre la destruction de son entreprise, affirmant disposer d’une autorisation délivrée par la mairie.
Selon des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux, le magistrat aurait ordonné l’arrestation du jeune homme après que celui-ci lui a demandé de ne pas le toucher. La situation a rapidement dégénéré : la victime a été bousculée, giflée publiquement, puis plaquée au sol et violemment frappée par des agents de sécurité et des policiers.
Une femme présente sur les lieux, qui dénonçait l’attitude des autorités, a également été menacée et intimidée. Ces scènes ont provoqué une vive indignation au sein de l’opinion publique.
Des appels à sanctions et au respect de l’État de droit
Depuis la diffusion des images, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer des sanctions contre le Commissaire Éno Zéphirin, accusé d’abus de pouvoir et de comportement contraire à l’éthique judiciaire.
Pour Roberson Georges, étudiant finissant en gouvernance locale, cette affaire doit servir d’électrochoc.
« Aucun représentant de l’État n’est au-dessus de la loi. La justice ne se rend pas à coups de gifles et de bottes. » nous a lâché le Masterant en sciences politiques et relations internationales dans un interview.
Un dossier qui relance, une fois de plus, le débat sur l’impunité, la gouvernance judiciaire et le respect effectif des droits fondamentaux en Haïti.
La rédaction


