Reçu en audience privée le mardi 6 janvier 2026 par le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, à Washington, l’écrivain haïtien Joël Lorquet a porté la voix d’Haïti et de sa diaspora. Selon un communiqué, les discussions ont porté sur la crise multidimensionnelle du pays, les responsabilités des acteurs nationaux et internationaux, ainsi que les conditions nécessaires à une sortie durable de l’instabilité.
Une rencontre axée sur la crise haïtienne
Selon le communiqué, la situation générale d’Haïti a été au centre des échanges entre Joël Lorquet et Albert Ramdin. Sous-développement chronique, pauvreté persistante, insécurité généralisée et fragilité institutionnelle ont été analysés comme des facteurs interdépendants qui alimentent la crise actuelle. Les responsabilités des autorités haïtiennes, tout comme celles de la communauté internationale, ont également été évoquées.
Le Secrétaire général de l’OEA a rappelé le rôle historique d’Haïti dans les luttes pour l’indépendance et la décolonisation dans la région, ainsi que la relation ancienne et particulière qui lie le pays à l’organisation depuis 1948. Tout en mettant en avant la créativité, la résilience et le potentiel humain du peuple haïtien, Albert Ramdin s’est interrogé sur les causes profondes des difficultés persistantes du pays après plus de deux siècles d’indépendance.
Leadership, vision et création de richesse
D’après les précisions contenues dans le communiqué, Albert Ramdin estime que le développement repose sur trois piliers essentiels : la mobilisation du peuple pour créer de la richesse, l’existence d’une vision politique claire et stratégique, et un leadership fort, responsable et uni. Il a souligné que l’aide internationale, bien que nécessaire, ne peut être qu’un appui complémentaire et ne saurait se substituer à la responsabilité première des dirigeants et de la société haïtienne.
Le responsable de l’OEA attribue la pauvreté persistante en Haïti à une insuffisante création de richesse, au manque d’emplois durables ainsi qu’aux faiblesses structurelles du système éducatif et de la formation professionnelle.
Sécurité et gouvernance comme priorités
Toujours selon le communiqué, face à la complexité de la crise haïtienne marquée par l’insécurité, les urgences humanitaires et la fragilité institutionnelle Albert Ramdin appelle à une priorisation claire des actions, en plaçant la sécurité au cœur de toute stratégie de stabilisation. Il plaide également pour une gouvernance dirigée par des Haïtiens, la tenue d’élections crédibles et l’engagement actif des élites économiques, politiques et sociales dans le développement du pays.
La diaspora au centre des préoccupations
Le Dr Joël Lorquet a, pour sa part, fait savoir que les Haïtiens, notamment ceux vivant à l’étranger, expriment une profonde lassitude face à la crise actuelle. Selon le communiqué, il a demandé à l’OEA de sensibiliser davantage la communauté internationale afin de mettre fin à une situation qui perdure depuis trop longtemps et d’accélérer le processus de développement d’Haïti.
Réagissant à cette interpellation, Albert Ramdin a indiqué que l’OEA accorde une priorité absolue à Haïti. Il a reconnu la frustration de la diaspora et encouragé un engagement plus concret de celle-ci, tout en appelant les dirigeants haïtiens à reconnaître et à intégrer ce potentiel dans les priorités nationales.
Enfin, selon l’écrivain, un nouveau paradigme doit s’imposer au niveau de la communauté internationale. Il juge inacceptable qu’un pays de la Caraïbe se trouve encore dans une telle situation au XXIᵉ siècle et appelle les Haïtiens à prendre conscience de l’urgence de construire un pays moderne, capable d’offrir des conditions de vie dignes et de freiner l’exode forcé.
La rédaction


