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Violences sexistes dans l’administration des Nippes

Par la Rédaction

Les organisations féministes, féminines et de la société civile du département des Nippes, réunies au sein du Rezo Fanm Nip (REFANIP), montent au créneau pour dénoncer ce qu’elles qualifient de graves dérives institutionnelles à caractère sexiste. Dans une note de positionnement rendue publique, elles expriment leur vive indignation face aux pressions, intimidations, menaces et tentatives de discrédit dont seraient victimes la Directrice Départementale de l’Éducation et la Directrice Départementale de la Santé des Nippes.

Selon le REFANIP et les organisations signataires, ces actes répétés ne relèvent pas de simples conflits administratifs ou personnels. Ils s’inscrivent dans un schéma plus large de violences institutionnelles et symboliques exercées contre les femmes occupant des postes de responsabilité au sein de l’administration publique haïtienne. Une réalité persistante qui met en lumière la difficulté, pour les femmes, d’exercer sereinement des fonctions de décision dans un environnement encore largement marqué par des stéréotypes sexistes.

Une remise en cause systémique du leadership féminin

Les organisations dénoncent une culture profondément enracinée qui tend à délégitimer l’autorité des femmes dès lors qu’elles accèdent à des postes stratégiques. Ces attaques, soulignent-elles, reposent sur des préjugés selon lesquels les femmes seraient incompétentes, manipulables ou illégitimes pour diriger des institutions publiques. Une perception discriminatoire qui porte atteinte non seulement à la dignité des personnes concernées, mais aussi aux principes fondamentaux de neutralité, de mérite et de continuité de l’État.

Pour le REFANIP, les deux directrices mises en cause sont des cadres techniques qualifiées, reconnues pour leur engagement et leur compétence dans la défense du droit à l’éducation et du droit à la santé. Les tentatives de fragilisation de leur autorité professionnelle sont perçues comme une stratégie visant à maintenir les femmes à l’écart des espaces de pouvoir, en contradiction flagrante avec les lois nationales et les engagements internationaux d’Haïti en matière d’égalité de genre.

Un appel pressant à l’État et aux autorités compétentes

Face à cette situation jugée alarmante, le REFANIP affirme sa solidarité totale et indéfectible envers les deux responsables départementales. Les organisations signataires dénoncent avec force les violences sexistes et politiques qui ciblent les femmes leaders dans l’administration publique et rejettent toute instrumentalisation politique fondée sur des considérations de genre.

Elles appellent les autorités centrales compétentes, notamment le Ministère de l’Éducation nationale et le Ministère de la Santé publique, à prendre des mesures immédiates et concrètes pour garantir la sécurité, la protection et l’indépendance professionnelle des deux directrices. Elles exigent également que les auteurs de menaces, de pressions et d’actes d’intimidation soient identifiés et sanctionnés conformément aux lois de la République.

^Un enjeu démocratique majeur*

Pour le REFANIP, la marginalisation des femmes, la remise en cause systématique de leur autorité et les violences sexistes au sein des institutions publiques constituent des obstacles majeurs à la démocratie, à la gouvernance inclusive et au développement durable. L’État haïtien a, rappellent-elles, l’obligation de créer un environnement institutionnel où les femmes peuvent exercer pleinement leurs responsabilités sans crainte, ni discrimination, ni représailles.

Les organisations lancent enfin un appel à la population des Nippes, aux médias et à l’ensemble de la société civile afin de refuser toute normalisation de la violence sexiste dans la gestion des affaires publiques. Pour elles, la défense des femmes qui servent l’État avec compétence et intégrité est indissociable de la construction d’une société plus juste et plus démocratique.

Car, concluent-elles, il ne peut y avoir de démocratie réelle ni de développement durable sans la participation pleine et effective des femmes aux instances de décision.

Le Relief

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