Par Gesly Sinvilier
À l’occasion des fêtes de fin d’année, le parti l’ex président Lesly François Manigat, a publié une adresse à la nation dans laquelle il dresse un tableau sombre de la situation politique et sécuritaire du pays, tout en appelant à un changement profond de gouvernance.
Dans son communiqué, le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes rappelle que les vœux de Noël et du Nouvel An ne sauraient masquer la gravité de la crise actuelle. Selon le parti, Haïti traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente, marquée par l’effondrement de l’autorité de l’État, l’insécurité généralisée et l’absence de perspectives politiques crédibles.
Un échec annoncé de la transition
Le parti pointe du doigt la gestion du Conseil présidentiel de transition (CPT), qu’il juge responsable de près de vingt mois de gouvernance caractérisés par le clientélisme, le favoritisme et la dilapidation des fonds publics. Pour le RDNP, cette transition, loin de stabiliser le pays, a aggravé la crise et discrédité l’idée même de gouvernance transitoire.
Tout en précisant qu’il n’a jamais combattu frontalement le CPT, le RDNP affirme avoir régulièrement alerté l’opinion publique sur les dérives de cet exécutif atypique, avertissements restés, selon lui, sans effet.
Insécurité et déficit de légitimité
L’un des axes centraux du communiqué concerne la question sécuritaire. Le RDNP estime que l’extension des groupes armés, les assassinats quotidiens et la perte de contrôle de vastes portions du territoire national rendent impossible l’organisation d’élections crédibles dans l’immédiat.
Dans ce contexte, l’annonce de scrutins sans garanties sécuritaires suffisantes est perçue par le parti comme une manœuvre politique visant à prolonger un pouvoir dépourvu de légitimité démocratique. Il réclame notamment la libération des axes routiers reliant la région métropolitaine aux autres départements et la récupération des quartiers contrôlés par les gangs.
Vers un renouveau politique
Face à cette impasse, le RDNP se dit favorable à l’organisation d’élections générales dans un délai raisonnable, à condition que des préalables clairs soient respectés. Il plaide également pour l’émergence d’une nouvelle classe politique capable de rompre avec les pratiques qu’il qualifie de prédatrices et obsolètes.
À court terme, le parti n’exclut pas la mise en place d’un gouvernement provisoire constitutionnel, notamment à partir de la Cour de cassation, qu’il considère comme une option moins risquée pour restaurer la confiance et garantir un minimum de stabilité.
Appel à un accord politique inclusif
Le RDNP affirme demeurer ouvert au dialogue avec les autres forces politiques et sociales du pays afin de parvenir à une solution consensuelle. Il met toutefois en garde contre les démarches unilatérales susceptibles d’accroître l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires nationales.
En conclusion, le parti appelle à la clairvoyance politique et au civisme, réaffirmant son engagement à travailler à un accord politique inclusif devant déboucher sur une nouvelle gouvernance après le 7 février 2026. Il a enfin adressé ses vœux de fin d’année à la population, en particulier aux citoyens les plus vulnérables.
Gesly Sinvilier/ Le Relief


