Introduction : L’art qui révèle l’essentiel.
Le 10 décembre 2025 restera gravé dans l’histoire culturelle et sociale d’Haïti. L’inscription du Konpa haïtien au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO illustre une vérité fondamentale : là où la politique chancelle, l’art élève. Là où les institutions vacillent, la créativité nationale continue de rayonner, rappelant que l’imagination et le génie collectif sont au cœur de notre identité.
Cet article est rédigé en réponse à une question posée par le journal en ligne Analyse Haiti, dans son article publié le 11 décembre 2025, intitulé “Konpa patrimoine : lorsque l’art réussit là où la politique échoue!”. La question posée est la suivante :
Pourquoi des écrivains renommés, des artistes et des opérateurs culturels échouent en politique ?
Je réponds à cette interrogation selon la vision de politique publique portée par le parti Patriyòt Rasanble pour Sove Lakay (PARASOL). Mon objectif n’est pas de critiquer ni de défendre individuellement, mais d’apporter une réflexion constructive sur le rôle de la compétence, de l’imagination et de la conscience civique dans la gouvernance nationale.
Je tiens à saluer les compétences de M. Yves Penel, Directeur Général du Théâtre National, et de M. Herold Josué, Directeur du Bureau National d’Éthnologie (BNE), ainsi que leurs contributions précieuses à la valorisation de la culture et à la formation des jeunes générations. Leur travail illustre l’excellence intellectuelle que Haïti possède et qu’il faut savoir mettre au service de l’intérêt collectif.
Cette question révèle une vérité plus large : la difficulté pour les élites artistiques et intellectuelles de transformer le talent et le savoir en actions publiques concrètes, capables de répondre aux besoins réels de la population et de bâtir une gouvernance inclusive, éthique et durable. Comment un savoir exceptionnel peut-il être mobilisé pour créer un impact social réel ? C’est exactement ce défi que le programme Renaissance (Leave No One Behind) et la doctrine du Dessalinisme humaniste visent à relever, en plaçant l’humain, la créativité et la justice sociale au centre de chaque décision publique.
Ce 10 décembre rappelle également le dépôt historique d’une plainte par le parti PARASOL, devant l’Office de Protection Civile (OPC), la Fondation FJK, la Fondation FeKlere, Human Rights Watch et la CIDH, contre X et la République Dominicaine pour violation des droits humains et du droit international de l’environnement. Cette action, menée le 10 décembre 2019, s’est déroulée avec une délégation composée des Madan Sara, de personnes handicapées, d’enfants et de représentants de la diaspora, alors que j’étais encore en poste comme Directeur Général du MHAVE. Ce geste symbolise l’engagement concret de notre doctrine et de notre vision socioéconomique en faveur des populations vulnérables et du respect des normes internationales.
I. La formation académique : nécessaire mais insuffisante
Médecins, ingénieurs, juristes, entrepreneurs, enseignants : tous détiennent un savoir précieux, fruit d’années d’études et de travail rigoureux. Ce capital intellectuel est indispensable au fonctionnement d’un État moderne. Il structure l’esprit, forge la discipline et permet de comprendre la complexité des systèmes nationaux et internationaux.
Pourtant, le savoir seul n’implique pas la vision. L’école enseigne à analyser et mémoriser, mais rarement à créer ou à anticiper. Les élites peuvent exceller dans leurs domaines, tout en échouant à transformer les défis nationaux en solutions concrètes et durables.
Albert Einstein l’avait formulé avec clarté*:
«L’imagination est supérieure à la connaissance, car elle engendre la connaissance.»
C’est cette imagination — capacité à concevoir l’inédit et à rêver l’avenir — qui fait la différence entre une société qui survit et une nation qui prospère.
II. L’illusion de gouvernance : compétence sans conscience
Haïti connaît un paradoxe : ses élites sont hautement formées mais souvent déconnectées du réel et du collectif.
Le médecin se prend pour stratège national, l’ingénieur croit bâtir la nation comme une entreprise, le juriste confond légalité et justice populaire. Ces décalages ne reflètent pas un manque d’intelligence, mais l’absence de conscience civique et d’éthique de service.
Dans notre système éducatif francophone, la hiérarchie et le diplôme dominent. L’individu apprend à obéir et à se conformer, rarement à oser, imaginer et expérimenter. La peur du jugement, la dépendance à l’approbation et la valorisation du prestige académique étouffent la créativité.
En comparaison, la culture anglo-saxonne privilégie l’expérience, le leadership collaboratif et l’audace. L’erreur y est considérée comme un apprentissage, et la créativité comme un outil de transformation sociale. Haïti, en tant que carrefour culturel et géopolitique, pourrait tirer parti de ce modèle : unir la rigueur de la pensée francophone à la liberté imaginative de l’approche anglo-saxonne.
III. Le rôle de l’imagination civique et éthique
L’imagination, lorsqu’elle est conjuguée à l’éthique, à la sagesse et à la probité, devient un levier de gouvernance humaniste. Elle permet de concevoir des politiques qui ne sont pas seulement administratives, mais transformatrices, répondant aux besoins réels de la population tout en anticipant l’avenir.
Ainsi, la politique cesse d’être un outil de pouvoir pour devenir un acte de création collective. Elle se nourrit de l’écoute, de la réflexion et de la capacité à donner forme à des solutions inédites.
Haïti a besoin de dirigeants qui comprennent que la compétence technique doit marcher de pair avec la conscience morale et la créativité stratégique. Cette approche transforme le savoir en pouvoir constructif, capable de réunir les citoyens autour d’objectifs communs et durables.
IV. Le Konpa : métaphore de la gouvernance harmonieuse
Le Konpa n’est pas qu’un rythme musical. Il est le symbole d’une intelligence collective, capable de transcender les divisions et de créer une unité. Nemours Jean-Baptiste n’a pas seulement inventé un style ; il a bâti un langage qui traduit la mémoire, la joie, la douleur et l’espoir d’un peuple.
Cette réussite culturelle nous enseigne une leçon de gouvernance : l’unité naît de la reconnaissance du rythme commun, et non de l’imposition verticale du pouvoir. L’art montre que l’harmonie est possible lorsque chaque voix est entendue et chaque talent valorisé.
En politique, cette leçon est cruciale : gouverner, c’est écouter et orchestrer, non commander et imposer. C’est reconnaître le peuple comme acteur, et non comme spectateur.
V. Renaissance et Dessalinisme humaniste : une vision intégrale
La véritable refondation d’Haïti ne viendra ni d’un modèle importé ni d’un homme providentiel. Elle exige une renaissance de la conscience collective, portée par le parti Patriyòt Rasanble pour Sove Lakay (PARASOL) à travers le programme “Renaissance (Leave No One Behind)”, inspiré du Dessalinisme humaniste.
Le Dessalinisme humaniste dépasse l’indépendance de 1804. Il réaffirme l’égalité, la dignité, et la responsabilité collective. Dessalines rêvait d’un État moral et inclusif, capable de transformer la liberté en bien-être partagé. Cet idéal est aujourd’hui le socle d’une gouvernance renouvelée : l’humain au centre de chaque décision publique.
La vision Renaissance adopte une approche holistique : économique, sociale, éducative, écologique et culturelle. Elle combine la rigueur scientifique, la sagesse morale et la créativité imaginative. Elle invite médecins, ingénieurs, juristes et artistes à servir le bien commun, à bâtir des ponts sociaux et à promouvoir l’excellence collective.
Sous la bannière PARASOL, la politique devient un acte de création. Elle cesse d’être une conquête de pouvoir pour devenir une symphonie nationale, où chaque citoyen joue sa note et participe à l’harmonie du collectif.
VI. Mon engagement : concepteur de doctrine et acteur social
Je suis le concepteur de la nouvelle doctrine politique, la Droite Dessalinienne, et de la plus grande vision socioéconomique qu’Haïti ait connue depuis l’indépendance de 1804.
Je suis également l’initiateur du mouvement des Madan Sara en Haïti, avec +15 ans de lutte acharnée pour la protection des droits des personnes vulnérables, en particulier les personnes handicapées et âgées, les paysans, les jeunes, les chauffeurs de taxi et camionnette, ainsi que toutes les autres catégories marginalisées. Mon engagement inclut également la promotion du respect du droit international de l’environnement, illustrant une vision à la fois humaine, sociale et durable.
Je combine :
- Le savoir et l’expérience – ma compétence académique et scientifique.
- La conscience morale – l’éthique, la probité et le service civique:
- L’imagination politique – la capacité à transformer les idées en programmes et actions concrètes pour le développement national.
Cette posture souligne la force d’une doctrine intégrale et inclusive, orientée vers la construction d’un Haïti uni, résilient et prospère.
VII. Synthèse et appel à l’action collective
Le Konpa nous rappelle que l’unité naît de la créativité, de l’écoute et du rythme partagé. La politique, pour être efficace, doit apprendre cette leçon : harmoniser les talents, écouter la société, imaginer l’avenir.
Haïti ne manque pas de compétences, mais d’imagination et de confiance en ses propres ressources. La renaissance de notre nation exige un leadership capable de penser et de sentir, de connaître et de créer, d’élever et d’inspirer.
Cette vision humaniste et concrète est celle de PARASOL et de la philosophie Dessalinisme humaniste. Elle montre que l’action politique peut être rigoureuse et chaleureuse, rationnelle et créative, éthique et efficace.
Le défi que nous relevons ensemble n’est pas seulement de gouverner, mais de transformer la conscience nationale, de réconcilier l’intellect et l’émotion, le savoir et le service, le réel et le rêve.
Conclusion: Gouverner, c’est créer ensemble.-
Haïti peut se relever lorsque le savoir rencontre l’imagination, lorsque la compétence s’accompagne de conscience, et lorsque la politique retrouve la beauté et l’âme de son peuple.
La reconnaissance du Konpa par l’UNESCO n’est pas seulement culturelle : c’est un message politique et civique. L’art nous rappelle que la créativité collective dépasse les limites du pouvoir individuel, et que la vraie gouvernance est celle qui inspire, rassemble et élève.
C’est dans cette dynamique que se situe mon engagement : faire danser la nation au rythme de sa propre conscience et de sa créativité, pour bâtir un Haïti libre, souverain et uni.
Yvon Bonhomme
Stoïcien et Chercheur Engagé,
Président-Fondateur du parti politique Patriyòt Rasanble pour Sove Lakay (PARASOL),
Ancien Directeur Général du Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHAVE)


