Par la rédaction
L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a rendu public un rapport qui met en cause la gestion des 50 millions de gourdes alloués au Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) pour les festivités du 18 mai 2025. Selon les enquêteurs, la chaîne de dépenses est jalonnée de manquements, d’incohérences et de pratiques qui pourraient relever du détournement de fonds publics.
L’affaire débute par un chèque émis au nom du Directeur administratif du ministère plutôt qu’aux fournisseurs. Une procédure inhabituelle qui a immédiatement attiré l’attention. Les déclarations contradictoires lors des auditions n’ont fait qu’amplifier les soupçons, d’autant que de nombreux justificatifs présentés par le ministère se sont révélés incomplets, incohérents ou totalement absents.
Le rapport révèle également de graves irrégularités dans plusieurs directions départementales. Plus de deux millions de gourdes de dépenses n’ont pas été justifiés, certaines directions ayant transmis des rapports contradictoires ou sans aucune valeur probante. Dans l’Artibonite, un directeur est même soupçonné d’avoir attribué des fonds à une organisation à laquelle il appartient.
L’enquête met aussi en lumière le cas d’une entreprise fictive qui aurait reçu plus de 3,6 millions de gourdes. Aucun enregistrement légal, aucun local, aucune existence réelle : une structure manifestement créée pour servir de canal financier. Un cadre du ministère est directement lié à ce dossier.
La Ministre Niola Lynn Sarah Devalien Octavius est, elle-même, citée dans les conclusions pour avoir approuvé un marché d’achats de drapeaux dépassant les seuils légaux de la commande publique. L’ULCC recommande un audit complet de sa gestion par la Cour Supérieure des Comptes.
Au final, plus de 2,6 millions de gourdes restent introuvables ou injustifiées. Le rapport, largement documenté, expose un système de gestion défaillant où les règles comptables sont ignorées, les responsabilités brouillées et les risques de corruption évidents. Un nouveau scandale qui met en lumière les profondes faiblesses de l’administration publique haïtienne.


