PORT-AU-PRINCE.— L’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse connaît un nouveau tournant. Cinq des dix-sept anciens militaires colombiens incarcérés en Haïti pour leur implication présumée dans l’opération du 7 juillet 2021 ont été transférés cette semaine à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour être interrogés par le FBI, ont indiqué leurs avocats.
Selon Me Nathalie Délisca, seul l’un d’entre eux, Edwin Enrique Blanquicet Rodriguez, a été entendu mercredi 19 novembre. Les auditions, réalisées par visioconférence, s’inscrivent dans une coopération judiciaire renforcée entre Washington et Port-au-Prince, visant à éclaircir les zones d’ombre d’un dossier toujours explosif.
Cette initiative fait suite à une demande formulée par plusieurs coaccusés poursuivis aux États-Unis, parmi eux James Solages, Antonio Intriago, Joseph Vincent et Emmanuel Sanon, qui ont sollicité l’appui de la DCPJ pour permettre aux enquêteurs fédéraux d’interroger les détenus colombiens.
Ce nouveau développement intervient un mois après une décision clé de la Cour d’appel de Port-au-Prince, qui a ordonné, le 13 octobre dernier, un approfondissement des investigations, notamment sur les flux financiers transnationaux et les communications entourant l’opération armée.
Plus de quatre ans après les faits, l’affaire Moïse continue de mettre en lumière l’ampleur de ses ramifications internationales, révélant un dossier complexe à l’intersection d’intérêts géopolitiques, de réseaux financiers opaques et de défaillances institutionnelles persistantes.
Jean Mapou


