PORT-AU-PRINCE.— L’Observatoire National du Sport Haïtien (ONSH) a tenu, mardi, une importante conférence-débat autour du thème: «Analyse du budget du Ministère des Sports et son impact sur la réalité sportive en Haïti». Cette initiative vise à susciter une réflexion collective sur la gestion publique du sport, ses priorités et les défis structurels qui freinent son développement.
Parmi les intervenants de marque figuraient Roro Pharell, personnalité connue du milieu sportif et animateur engagé pour la promotion du sport communautaire, et Me Edwing Charles, ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), qui a apporté un éclairage institutionnel et juridique sur la question.
Un débat sur la transparence et l’efficacité du financement public
Les discussions ont porté principalement sur la répartition budgétaire du MJSAC, souvent jugée insuffisante et mal orientée face aux besoins réels du secteur. Les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics, d’améliorer les mécanismes de suivi et d’évaluation des projets sportifs, et de donner plus de place aux fédérations sportives et aux collectivités locales dans la définition des priorités.
Roro Pharell a insisté sur le rôle du sport comme outil d’éducation et de cohésion sociale, plaidant pour une décentralisation des ressources afin de permettre aux jeunes des provinces de bénéficier des mêmes opportunités que ceux de la capitale.
«On ne peut pas parler de développement sportif sans un investissement réel dans les infrastructures de base et la formation des encadreurs», a-t-il déclaré.
Un appel à une politique sportive nationale cohérente
De son côté, Me Edwing Charles a mis l’accent sur la nécessité de doter le pays d’une politique sportive nationale claire, articulée autour de trois axes: la formation, la gouvernance et l’investissement.
«Le budget du ministère doit cesser d’être perçu comme une simple ligne comptable. Il doit devenir un levier stratégique pour l’inclusion et le rayonnement du sport haïtien», a-t-il affirmé.
Vers un plaidoyer pour une refonte budgétaire
L’ONSH a annoncé la publication prochaine d’un rapport analytique issu des échanges de la conférence, qui servira de base à un plaidoyer auprès des autorités concernées et des partenaires du secteur. Les participants ont unanimement reconnu que le sport, au-delà de la compétition, constitue un vecteur de santé publique, d’éducation et de paix sociale.
Cette rencontre, saluée pour la qualité des échanges, marque une nouvelle étape dans la volonté des acteurs haïtiens de replacer le sport au cœur des politiques publiques.
Jean Mapou


