Remise à la DCPJ depuis le mois d’août dernier par les autorités dominicaines, l’ex-mairesse Rosemila Sainvil Petit-Frère demeure privée de liberté, malgré un état de santé de plus en plus préoccupant.
Selon plusieurs sources concordantes, la situation de Mme Petit-Frère s’aggrave de jour en jour. Contrairement aux déclarations du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, elle est toujours détenue à l’hôpital, sous surveillance constante. D’après ses proches, elle serait menottée en permanence, en dépit d’un état de santé jugé critique. Notre rédaction est en mesure de confirmer que son cas s’est considérablement détérioré après son audition au parquet.
Contactée par notre rédaction, son équipe médicale se dit profondément inquiète. « Depuis un mois, nous avons fait des recommandations à la patiente. Aujourd’hui, le pays ne dispose plus de service hospitalier de neurochirurgie ni d’appareil d’IRM. Le traitement médical de Mme Petit-Frère ne peut donc plus être assuré en Haïti. Elle doit impérativement se rendre à l’étranger pour consulter un spécialiste et réaliser des examens complémentaires », explique un membre du personnel médical.
Faut-il donc attendre le pire dans le cas de Rosemila Sainvil Petit-Frère ? Rappelons qu’elle a déjà subi quatre interventions chirurgicales à la tête, dont certaines à l’étranger.
Après son audition, Me Fritz Patterson Dorval avait pourtant annoncé qu’une liberté provisoire pour raisons médicales serait accordée à l’ex-ėdile. Mais coup de théâtre : une semaine plus tard, Mme Petit-Frère est toujours menottée, dans une chambre d’hôpital à Pétion-Ville.
Son avocat, Me Jean Riboul Casimir, a adressé une requête au parquet en ces termes :
« La récurrente sollicite, Monsieur le Commissaire, votre collaboration urgente afin de permettre son transfert vers un centre hospitalier spécialisé à La Havane (Cuba) ou ailleurs, pour y recevoir les soins appropriés. Elle demande également la remise de son passeport et de tout autre document de voyage nécessaire. Ce, pour des raisons purement humanitaires. »
L’avocat a donné l’assurance que sa cliente se tiendra à la disposition de la justice dès que son état le permettra. Pourtant, son passeport demeure toujours bloqué au bureau du commissaire du gouvernement.
Une souffrance de plus pour une femme déjà à bout de forces.
Killy Johao


