Par Jean Mapou
PORT-AU-PRINCE.— À l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, célébrée chaque 20 février sous l’égide des Nations Unies, l’Organisation Kay Jèn a publié une note de presse dans laquelle elle réaffirme son engagement en faveur d’une Haïti plus juste, plus équitable et plus solidaire.
Dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle, l’organisation dresse un constat alarmant: 51 % de la population haïtienne vivrait en situation d’insécurité alimentaire aiguë. «Les familles ont faim. Les jeunes n’ont ni emploi ni avenir. Les quartiers populaires et les zones rurales sont abandonnés», souligne le document, qui dénonce également un accès inégal à l’éducation, aux soins de santé, au logement et au crédit, qualifié de privilège réservé à une minorité.
Pour Kay Jèn, cette réalité n’est pas une fatalité, mais le résultat de « choix politiques injustes » et d’un système socioéconomique excluant les plus vulnérables. L’organisation estime que l’insécurité persistante, la montée des gangs, l’instabilité politique et la perte de contrôle de certains territoires constituent les conséquences directes de cette injustice sociale structurelle.
Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités nationales, les acteurs économiques ainsi que les partenaires techniques et financiers à faire de l’égalité des chances une priorité nationale. Elle exige notamment:
Une éducation gratuite et accessible à tous;
Une lutte réelle et sans compromis contre la corruption;
Des politiques économiques créatrices d’emplois pour les jeunes;
Des investissements soutenus dans l’agriculture et les petites et moyennes entreprises;
Un accès équitable aux soins de santé et à un logement décent.
«La justice sociale est une question de dignité. Elle constitue un pilier essentiel du développement durable et de la stabilité nationale», rappelle l’organisation, estimant qu’une action concertée et responsable s’impose pour construire une société plus inclusive.
Signée par Tchenzen Telusma, responsable Insertion de l’Organisation Kay Jèn, la note se conclut par un appel pressant: «Le temps d’agir, c’est maintenant».
Jean Mapou / Le Relief


