Par la Rédaction
À la veille du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), Jerry Tardieu a publié une lettre ouverte adressée aux forces vives d’Haïti. Dans ce texte, il dresse un constat sévère de la transition en cours, souligne l’échec du CPT à remplir sa mission principale et appelle à la mise en place urgente d’un dialogue républicain structuré afin d’éviter un vide institutionnel et de créer les conditions d’élections crédibles.
Dans son message, l’ancien parlementaire rappelle que le mandat du CPT arrive à échéance sans possibilité de prolongation, conformément au décret fondateur. Il estime que, durant ses mois d’exercice, l’organe de transition n’a pas réussi à rétablir la sécurité ni à organiser les scrutins attendus. Il qualifie cette période de « triste page » de l’histoire nationale désormais tournée.
Jerry Tardieu met également en avant l’incapacité des secteurs politiques, des organisations de la société civile et des regroupements représentatifs à dégager un consensus sur une formule de remplacement ordonné du CPT. Selon lui, la fragmentation et la polarisation du paysage national compliquent la recherche d’accords, sans toutefois la rendre impossible.
Face au risque de vide constitutionnel, il invoque les dispositions légales prévoyant que le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre, puisse exercer le pouvoir exécutif en cas d’empêchement du CPT. Il précise néanmoins qu’il ne saurait s’agir d’un blanc-seing accordé au gouvernement en place. Il plaide plutôt pour un cadre politique clair, accompagné de garde-fous et d’une feuille de route concertée.
Au cœur de sa proposition figure l’organisation rapide d’un dialogue républicain « dans les règles de l’art » réunissant les principaux pôles d’influence du pays. Ce dialogue devrait, selon lui, permettre de définir le format de la gouvernance de transition, le profil d’un cabinet ministériel composé de personnalités compétentes et non partisanes, ainsi que les mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale.
La lettre évoque aussi plusieurs chantiers à débattre : l’évaluation du Conseil électoral provisoire (CEP), le cadre juridique électoral, les décrets controversés, les enjeux sécuritaires et humanitaires, ainsi que la question du vote de la diaspora, dont les modalités restent floues malgré son inscription dans la loi.
En conclusion, Jerry Tardieu lance un appel au sens patriotique des acteurs nationaux pour créer rapidement les conditions sécuritaires et politiques nécessaires à la tenue d’élections crédibles d’ici la fin de l’année. Il affirme que la sortie de la transition passe par un compromis politique large et par le retour à une légitimité issue des urnes, capable de concilier ordre institutionnel et acquis démocratiques.


