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150 millions de gourdes pour l’Université Quisqueya de l’État haïtien : des éclaircissements apportés

L’Université Quisqueya (UniQ) a tenu à clarifier les circonstances entourant un financement de 150 millions de gourdes en 3 temps accordé par l’État haïtien. L’établissement affirme dans une note publique publiée le 8 mars 2026, que cet appui s’inscrit dans un cadre légal prévu pour soutenir l’enseignement supérieur privé et la recherche en Haïti. Bienque d’autres universités dans le pays n’ont rien reçu.

Face aux interrogations suscitées par certaines publications récentes, l’Université Quisqueya a jugé nécessaire d’apporter des précisions sur le financement reçu de l’État haïtien. Dans une note rendue publique le 8 mars 2026, l’institution explique que cet appui institutionnel résulte d’une démarche initiée depuis décembre 2022 dans un contexte de crise économique et sécuritaire affectant ses activités.

Selon l’université, le financement a été accordé dans le cadre d’un protocole d’accord signé le 20 mai 2025 avec le ministère de l’Économie et des Finances. L’établissement affirme que les fonds ont été sollicités pour soutenir la continuité de ses activités académiques, alors que ses ressources ont été fortement affectées par la crise nationale.

L’Université Quisqueya souligne que cet appui financier ne constitue ni un financement opaque ni un avantage personnel pour ses dirigeants. L’institution rappelle que ce type de soutien est prévu par le décret du 11 mars 2020 portant sur le fonctionnement et la modernisation de l’enseignement supérieur en Haïti.

Selon l’article 195 de ce décret, publié dans le Journal officiel Le Moniteur le 30 juin 2020 :
« Les institutions privées d’enseignement supérieur et les centres de recherche à but non lucratif légalement constitués ou les fondations de recherche sont habilités à recevoir de manière équitable une aide financière de l’État en fonction de leurs besoins et de leur niveau d’excellence académique sur les recommandations de l’organisme de régulation. »

L’université indique que son financement s’inscrit dans ce dispositif visant à soutenir les institutions académiques contribuant à la formation et à la recherche.

Dans sa note, l’Université Quisqueya rappelle qu’elle est une institution à but non lucratif reconnue d’utilité publique, qui célèbre cette année 35 ans d’existence. Bien qu’elle fonctionne sous gestion privée, elle précise qu’elle n’appartient ni à ses fondateurs, ni à ses administrateurs, ni à son recteur.

L’établissement souligne également l’impact majeur de la crise sur ses finances. Le nombre d’étudiants est passé de plus de 3 500 inscrits durant l’année académique 2018-2019 à un peu plus de 850 l’an dernier.

Parallèlement, les revenus provenant des frais de scolarité ont chuté de 4,3 millions de dollars américains à moins de 500 000 dollars, en raison notamment de la dépréciation de la gourde, de la baisse des inscriptions et de l’insécurité dans les quartiers de Turgeau et Pacot, où se trouve l’établissement.

L’université précise que, conformément aux termes de l’accord conclu avec l’État, elle a transmis plusieurs rapports détaillant l’utilisation des fonds. Des rapports narratifs et financiers ont été envoyés au ministère de l’Économie et des Finances les 24 juillet et 31 octobre 2025, suivis d’un rapport final le 15 décembre 2025.

Dans sa note, l’Université Quisqueya souligne que le soutien financier de l’État aux universités privées constitue une pratique courante dans plusieurs pays, particulièrement lorsque ces institutions jouent un rôle clé dans la formation des cadres et le développement national.

Si l’Université Quisqueya bénéficie de ce financement, une situation préoccupante se dessine toutefois pour d’autres universités qui font face à d’importantes difficultés, toujours liées au même contexte d’insécurité. À l’instar de l’Université GOC, vieille de près de 50 ans, qui a perdu son campus de Titanyen avec l’installation de gangs dans la zone, réduisant son effectif de plus de 70 %, mais qui continue malgré tout à fonctionner à Port-au-Prince.

La rédaction

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