๐๐๐ ๐ฝ๐๐๐ ๐๐๐๐๐ ๐ถ๐๐ ๐ ๐ฬ๐ข๐
Rรฉcemment, jโavais publiรฉ un article saluant la qualitรฉ littรฉraire et diplomatique de ton รฉcriture, ร propos de ta correspondance datรฉe du 23 janvier 2026. Jโy exposais, pour les lecteurs pressรฉs, le noyau de ton message. Je nโรฉtais pas dans la glorification de ta position, encore moins dans lโadhรฉsion politique. Jโanalysais une plume, une tenue, une mรฉthode. Jโadmire ta plume, mais pas lโhomme que tu donnes en spectacle. Lโhomme au ventre qui vacille.
Deux lettres, deux moments, deux postures. Le 23 janvier, tu รฉcrivais depuis lโintรฉrieur dโune dรฉcision collective, en assumant un processus majoritaire et en cherchant ร en conduire la conclusion dans un cadre ordonnรฉ. Le 29 janvier, tu รฉcris depuis une position de retrait, en annonรงant ton abstention et en te mettant ร distance du mรชme processus. Les textes se rรฉpondent. Ils ne se prolongent pas. Ils dessinent une fracture.
La lettre du 29 janvier intervient aprรจs lโannonce de restrictions de visa prises par les รtats-Unis ร ton encontre. Ce fait ne relรจve pas de lโinterprรฉtation. Il constitue le contexte immรฉdiat de lโรฉcriture. Il prรฉcรจde la prudence soudaine, la rรฉserve affichรฉe, lโabstention dรฉclarรฉe. Cette chronologie suffit ร รฉclairer le dรฉplacement opรฉrรฉ.
La faim entre alors en scรจne.
La faim du visa.
La faim de la respectabilitรฉ internationale.
La faim de lโaccรจs, du dรฉplacement, de la reconnaissance extรฉrieure.
Cette faim guide dรฉsormais lโรฉcriture. Elle enveloppe le retrait dโune architecture juridique soignรฉe, dโhypothรจses institutionnelles, dโalertes tardives. Les fragilitรฉs invoquรฉes existaient dรฉjร lorsque la rรฉsolution a รฉtรฉ signรฉe. Les tensions faisaient partie du contexte. Ce qui change, entre le 23 et le 29 janvier, concerne ta situation personnelle face au monde extรฉrieur.
Cโest ici que lโรขme vacille. Cโest ici que le ventre parle. Entre lโรtat que tu dis servir et le regard international que tu refuses de perdre. Ce tiraillement dรฉpasse lโintime. Il engage une responsabilitรฉ publique. Il expose Haรฏti au spectacle dโun dรฉsengagement รฉcrit, justifiรฉ, signรฉ.
Lโhonneur dโun pays et de ses hommes dโรtat se mesurent ร la capacitรฉ de tenir lorsque le coรปt politique se prรฉcise. Sur ce point, ta derniรจre lettre marque une rupture. Elle inscrit un renoncement dans le registre du droit et de la prudence, alors quโil procรจde dโun choix.
Enfin la faim tโa eu.
Pas celle du peuple, qui vit sans visa et sans issue.
Celle du dirigeant, confrontรฉ au prix de la reconnaissance extรฉrieure.
Aujourdโhui, tu nโes ni Charlemagne ni Conzรฉ. Entre le hรฉros et le traรฎtre, il nโy a que ยซ Rien ยป.
Ce choix tโappartient.
Il est dรฉsormais รฉcrit.


